Discussion:
[CR] Stage piste carole (long)
(trop ancien pour répondre)
FlcBob
2005-10-26 07:44:46 UTC
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Petit compte rendu de la première journée du stage pilotage des 24 &
25 octobre 2005 à Carole.

La nuit a été correcte, ponctuée de réveils trop fréquents et de rêves
stupides (le plus nul étant celui où je me retrouve chez le dentiste
qui m'endort toute la mâchoire pour m'arracher une dent, je parviens à
partir quand même mais arrive au stage avec toute la tronche paralysée
et insensibilisée, ça commence bien...) mais au moment où le réveil
sonne, à 6h45, grosso modo ça va plutôt bien pour un lundi matin.

Réveil plus motivé que d'habitude, je saute à la fenêtre pour
m'apercevoir que le sol est sec, et qu'on parvient même à voir le ciel
par endroit, donc bon espoir que la météo ne soit pas trop
catastrophique. Douche vite fait, petit déjeuner le plus copieux
possible, pour éviter la fringalle en plein milieu de la matinée et
hop, je descends retrouver le petit hornet, sagement attaché par ses 2
U.

Je bénis DoLooP de m'avoir prêté une dorsale supportable, et pas mon
espèce de planche à repasser qui m'empêche tout mouvement de la tête...
et prends la route paisiblement à travers le Bourget. L'autoroute est
bien pleine à cette heure matinale, et je fais une place dans le
trafic. Arrivé au circuit, je me gare dans un premier temps à
l'extérieur de l'enceinte « piste » ne sachant pas si l'accès aux
stands est assujetti à une autorisation préalable, qu'un rapide tour à
pied infirmera, et le hornet rejoint donc ses consoeurs quelques
minutes plus tard, bien tranquillement alignées.

Les protagonistes arrivent au compte goutte, et les discutions
tournent bien évidemment autour du thème récurrent du « T'as déjà fait
un stage ? T'es déjà allé sur circuit ? », bref, (presque) tout le
monde aborde de manière équivalente le stage, tous viennent humblement
pour apprendre, même notre jeune collègue Jonathan, champion de France
125 en titre, qui vient découvrir la technique sur son CBR 600 préparé
piste... ça promet !

Xavier Brichet, notre moniteur pour les 2 jours, arrive peu après et
nous installe dans la salle de cours, où nous attend un petit déjeuner
« supplémentaire », ou alors le premier, pour ceux qui auraient un peu
oublié d'en prendre un. Tout le monde se sert, s'installe et la partie
administrative de vérification des inscriptions et papiers commence.

L'étape paperasse achevée, le cours commence par un exposé des règles
fondamentales de comportement sur la piste, dont on se dit à
posteriori que le 10ème n'est pas appliqué durant les sessions
gratuites du week end, ce qui est bien dommage, et aurait pu éviter
bien des crashs, à écouter les multiples récits de gamelles stupides
que nous décrit xavier. Nous attaquons ensuite la partie théorique des
trajectoires, avec un descriptif précis des éléments clefs du
comportement de la moto en virage, de la recherche de la trajectoire
qui optimise tous les éléments, et des gestes appropriés pour passer
les virages au mieux.

De nombreuses discussions animent le cours, pour essayer de venir à
bout des idées préconçues et fausses que chacun d'entre nous a amené
sous le bras... La partie théorique est très simple, mais la combinaison
de tous les facteurs à rassembler rend la globalité du pilotage assez
complexe. Evidemment, à écouter Xavier, tout est clair, logique et
facilement décomposable en éléments simples, mais quand on est sur la
piste, les choses sont différentes bien entendu.

Dernier sujet débattu, la pression des pneus sec/mouillé, puisque un
rapide coup d'œil à l'extérieur confirmera mes craintes d'une piste
détrempée. En fait la pluie tombe de façon ininterrompue depuis
presque 2 heures, pas bon pour le moral ! La conclusion de la
discussion se montre inattendue, puisque xavier nous recommande
chaudement une pression plus élevée sur le mouillé que sur le sec. (La
surface de contact étant ainsi plus faible, l'eau est mieux évacuée !)

Puis vient le moment de sortir mettre en application à l'arrêt les
consignes concernant le déhanchement. Evidemment, avec un temps aussi
pourri, on rit jaune à l'idée d'apprendre à déhancher. Toutes les
motos sont alignées, et chacun des pilotes montre à xavier comment il
reproduit le geste montré quelques minutes plus tôt. Je passe sur le
fait que déhancher à l'arrêt sur la béquille demande une confiance
plus que généreuse dans celle-ci, surtout quand la moto gigote sous la
contrainte sur le bitume mouillé, et que l'exercice se fait presque
sans les bras (il faut apprendre à faire le geste uniquement avec les
jambes).

Départ pour le premier atelier, le virage dit « pif », qui se trouve
en bas d'une légère descente et donne sur le virage le plus lent du
circuit. Xavier place les cônes qui vont bien, et nous explique qu'il
est absolument inutile de freiner dans presque tous les virages du
circuit, sauf en bout de lignes droites. Alors bien sur, sur le
mouillé, il faut dépasser l'appréhension. Après plusieurs passages, je
me surprends à être pas trop mal, même si ça n'est pas la vitesse que
l'on recherche ici, chacun passe à son rythme, et je remonte plusieurs
autres pilotes assez rapidement. Au fur et à mesure de l'évolution, on
essaie de déhancher le plus possible, en exagérant le mouvement, comme
le demande xavier, mais le geste tire énormément sur les cuisses, et
provoque rapidement des crampes au niveau des hanches. Je ralentis le
rythme en essayant de récupérer dans la seule ligne droite (pour la
matinée, on tourne sur le circuit court, qui ne contient ni golf ni
hôtel).

Les exercices sont ponctués de pauses salvatrices, avec recadrage des
participants à la clef, tout se déroule très bien.

Nous attaquons alors le virage « paf », selon xavier le plus délicat
du circuit, à l'origine de très nombreuses chutes, puisque il est fait
d'un virage gauche en montée très serré qui débouche sur un plateau,
délestant beaucoup la roue avant et rendant délicat le passage sur le
sec, alors sur le mouillé... Le tout constitue un double point de corde
avant l'entrée dans la parabolique. A nouveau, nous effectuons
l'exercice plusieurs fois, avec à l'esprit le respect maximal des
consignes de pilotage, et surtout de mémoriser des points de repère
pour essayer d'uniformiser le passage des virages dans le temps.

Ensuite vient l'apprentissage sur la parabolique, à la trajectoire que
nous détaillerons à pied pour plus de précision. Deux cônes
déterminent le point de corde et surtout un passage milieu de piste,
pour ensuite resserrer dans toute la parabolique, en accélération sur
l'angle, à la recherche de motricité, ce qui n'est pas un exercice
tranquille sur cette piste trempée.

Une fois les 3 ensembles de virages étudiés, nous attaquons une série
plus longue que les autres, qui regroupe donc toutes les difficultés,
et demande donc de prendre du recul pour se rappeler de toutes
instructions, tout en restant concentré. La concentration, c'est
justement ce qu'il me manquera quelques tours plus tard, lorsque
j'arrive un peu (beaucoup) plus vite que d'habitude dans le pif, en me
forçant à ne pas toucher le frein. L'arrivée dans le paf se fait donc
correctement, mais trop vite, et je perds violemment l'avant sur
l'angle. Coup de bol, je me rattrape je ne sais comment, avec un gros
coup de stress à la clef. Passage auprès de quelques stagiaires
arrêtés sur un échappatoire, grand signe pour montrer la grosse
frayeur, ponctuée de gestes de la main évocateurs de mes collègues. Je
me dis alors que si je m'arrête là, je vais traîner la frousse comme
un boulet toute la journée, alors je continue en me re-concentrant, et
en soignant mes entrées de virages. Le reste des 5-6 tours s'effectue
sans soucis, mis à part quelques douleurs dans la main droite, et un
rafistolage de gant au scotch qui a la mauvaise idée de rester collé à
la poignée de gaz en bout de ligne droite avant le freinage...le top du
rassurant à 150 à l'heure sur la flotte.

Nous rentrons pour la pause déjeuner de midi, où de magnifiques
plateaux repas « Lenôtre » nous attendent fièrement sur un coin de
table. Le repas fait beaucoup de bien à tout le monde, et la fatigue
montre le bout de son nez pour la majorité d'entres nous. Discussion
diététique et préparation sportive avec xavier, qui détaille un peu
plus sa pratique, car Jonathan est directement intéressé, dans la
mesure où il se prépare à faire le championnat de France promosport
avec son CBR.

Quelques-uns, trop fatigués par le cours du matin, jettent l'éponge et
préfèrent se réserver pour le lendemain. Dans la mesure où les
sessions de roulage de l'après midi sont inamovibles, je décide donc
d'effectuer la session, alors que j'aurais plutôt préféré la repousser
au printemps prochain, par exemple.

Les furieux arrivent par paquet depuis 12h30, et font descendre des
multiples remorques des motos variées, mais qui toutes on un point
commun : on voit sans peine en les regardant qu'on va être le poireau
de service en roulant avec les pilotes plus aguerris.

Après m'être remplit l'estomac, et bu un coup pour éviter la
déshydratation, je regarde pendant 30 minutes les « vrais » pilotes
œuvrer sur la piste, désormais séchante, puisque seul un vent moyen
demeure après que la pluie nous aie quitté.

Je reprends la piste, avec une appréhension certaine, dans la mesure
où d'une part nous tournons sur le circuit complet (golf et hôtel en
plus, avec les pièges qu'ils recèlent), à 20-25 pilotes au lieu de 15
stagiaires, et sur une piste encore bien trempée.

Je me dirige vers le préfabriqué où on récupère le sésame qui permet
de tourner, et pendant que je fais la queue avec 2-3 collègues
stagiaires, un mec se crache à golf, avec un superbe high-side qui le
laissera avec une clavicule dans le sac, et peut être même un poignet,
mais à priori non... Ils le ramènent à l'intérieur du bâtiment, la
douleur se voit sur le visage du malheureux...

Rassurant à l'extrême pour nous, qui nous apprêtons à prendre la piste
avec le reste des furieux...

J'attaque donc ma première boucle coolos à l'extrême, s'agirait pas de
s'en mettre une maintenant, alors qu'il ne pleut plus... 2 tours plus
tard, pneus chauds, je commence à « attaquer » raisonnablement.
Arrivée à la fin de la ligne droite, presque intégralement freiné au
moteur (mode lopette activé) j'enquille la parabolique qui précède les
stands. Réacceleration et grosse grosse chaleur quand je perds
l'arrière... Grands signes de mes collègues pas encore partis. Inutile
de dire que le reste de ce 3ème tour se fera sur des œufs. 4eme tour,
rebelote, malgré une rotation plis cool de la poignée de gaz, gros
travers de l'arrière en sortie de parabolique, décidément, ce virage
ne me plait pas du tout...

Le reste des tours se fera sans soucis particulier, et je décide
d'arrêter pour me faire une pause bien méritée, au moment où je
commence à avoir des déhanchements et trajectoires nettement moins
rigoureux.

Pause de 10 minutes, et je repars cette fois avec le reste de mes
collègues stagiaires, donc je me défait au bout de 2-3 tours pour
prendre un peu de rythme (ce qui n'empêche pas d'être ridiculisé par
les autres pilotes, qui freinent vraiment, « eux », et passent à
gauche et à droite à la réacceleration...)

La piste est de plus en plus sèche sur la trajectoire, et cela devient
réellement un plaisir d'attaquer un peu plus. Je m'arrête quelques
tours plus tard et repars avec deux co-stagiaires en sv650n et bandit
1200. Au bout de 2 tours à chauffer les pneus, j'arrive un peu vite à
l'entrée du pif, et prends l'intérieur sur le sv, dont je vois que ma
manœuvre l'a surpris un peu, puisque il ponctue l'instant d'après par
un bon coup de klaxon. Signe de la main pour m'excuser, et je pars un
peu plus fort à la réacceleration de la parabolique. J'irai présenter
mes excuses pour le dépassement pas super nickel à la fin de mes
quelques tours, ce à quoi le proprio du sv me répond : « t'inquiète,
c'était pour te taquiner le klaxon, t'étais tout à fait propre... » Ouf,
parce que je n'aime pas trop gêner les autres, surtout dans des
circonstances où il est facile de faire une erreur et de tomber.

Plus rien à signaler jusqu'à mon départ du circuit, où j'enchaîne
encore 2 sortie après une petite pause pour manger quelques biscuits
et boire un coup d'eau.

Bilan de la journée : pas trop de fatigue, en tout cas plus
psychologique que physique (la pluie y est pour beaucoup, mais on
verra demain matin pour les courbatures). J'ai fait de mon mieux pour
appliquer sur piste les conseils prodigués par xavier, même si chaque
tour est encore ponctué trop souvent d'erreurs de placement, de
trajectoires pas super propres en déhanché et de freinages de
lopettes... Journée très enrichissante, j'attends celle de demain avec
impatience !

Pierre-Alain


Compte rendu du stage pilotage, day 2 !

Le réveil se révèle plus difficile qu'hier, non pas pour cause de
contractures musculaires, non, juste parce que j'ai encore un peu la
tête dans le biiiiiip. Je me précipite à nouveau vers la fenêtre pour
constater que le ciel est clairsemé et la couche nuageuse pas trop
épaisse. Enfin, vu la manière dont la météo nous a outrageusement
berné hier, je préfère ne pas m'attendre à du temps sec.

Petit déjeuner copieux, enfin ce que j'arrive à avaler, puis enfilage
de la combi, toujours aussi confortable après être sorti d'un nid
douillet ! Je descends et enfourche le frelon, en direction du
circuit. Je change d'itinéraire pour à la fois éviter la circulation
saturée de l'autoroute et aussi pour mettre de l'essence, ce qui me
permettra de ne pas le faire en plein milieu de journée, à un moment
pas forcément opportun, ou entre 2 arsouilles ;-)

Pour une fois, à souligner, le responsable de caisse de la station
totale accepte que je lui laisse mon casque en gage (ils exigent un
pré-paiement en temps normal, mais c'est hors de question) et je
repars avec un plein fait pour arriver quelques minutes plus tard avec
la jolie lumière qui traverse les nuages et commence à éclairer le
circuit.

Je vois par la fenêtre du préfabriqué qu'un groupe de stagiaires est
déjà présent, en pleine discussion avec xavier Brichet. J'entre,
salue, attrape un croissant, un verre d'eau, et entre dans la
discussion qui à ce moment tourne autour des « problèmes » de sécurité
(ou tout au moins les petites améliorations à apporter) que l'on
rencontre sur certains circuits français, et se prolonge par un récit
des virages les plus monstrueux, comme à Ledenon qui apparemment est
extrêmement technique. Le cours commence à proprement parler à 8h35,
et le thème aujourd'hui gravite autour de la suspension, avec toutes
les petites discussions associées, comme les pneumatiques par exemple.

Xavier illustre son explication du fonctionnement d'un amortisseur «
standard » (c'est-à-dire bombonne séparée air/huile, réglage en
précontrainte détente et compression) par quelques schémas clairs.
L'explication est ponctuée, comme le jour d'avant, de petites
anecdotes illustratives qui tombent à pic pour rendre plus clairs
certains points simples en apparence, mais on sait combien les
problèmes de suspension sont souvent le fruit d'une combinaison de
plusieurs paramètres.

Une fois de plus, pas besoin de s'enfermer dans des explications trop
théoriques, et le « cours » magistral de xavier satisfait les besoins
de chacun des stagiaires, avec réponse personnalisée à la clef (comme
par exemple pour le papa de notre collègue Jonathan, le jeune mais
TRES rapide pilote du CBR 600 de promosport, à propos de réglages
particuliers sur certains types de fourches). Nous passons
l'amortisseur arrière à la fourche, qui présente évidemment les memes
principes de réglage de base : un amortisseur reste un amortisseur !

Point rapide sur l'équilibre général avant / arrière, et le fait que
tout réglage de suspension est évidemment un compromis à trouver pour
éventuellement favoriser certains phénomènes ou portions de circuit,
au détriment d'autres passages. Ce qui ressort de tout cela est une
méthodologie simple mais efficace pour trouver assez rapidement un
setup correct, ou au moins une bonne direction de travail.

Je regarde par la fenêtre, le ciel à l'est est dégagé, mais le vent
vient de l'ouest, et n'augure rien de bon, même si à la fin de ce
cours, la piste est toujours parfaitement sèche au moment où nous nous
apprêtons à regagner nos machines.

Une fois toutes les questions posées, auxquelles xavier donnera
systématiquement une réponse adaptée, nous préparons les machines pour
la piste, en enlevant tous les rétros, ou en vérifiant les pressions
pneumatiques. Les machines chauffent tranquillement dans la voie des
stands, je fais quelques étirements et échauffements des poignets, du
coup et des jambes, car compte tenu de ma souplesse de danseuse, les
premiers tours risquent d'être plutôt désagréables à froid. Les
nuages, menaçant jusqu'à maintenant, décident pratiquement à la
seconde où xavier fait signe de partir sur la piste de nous arroser
copieusement, et je me prends à maudire la météo et insulter tous les
nuages du coin de nous pourrir les 2 matinées de cours...

Tant pis, de toute façon c'est trempé, alors autant faire avec,
j'avais tort d'avoir de faux espoirs ! Je prends la piste derrière
Jonathan qui part tranquillement, c'est-à-dire environ 2 fois plus
vite que moi, et me ré habitue en quelques virages à la sensation
précaire de la piste pas encore nettoyée, et encore bien pourrie de «
gras mouillé ». Le premier exercice du jour porte sur golf, premier
virage des deux qu'il nous restait à aborder. Xavier donne les
instructions à la meute concernant la manière d'arriver au freinage en
ayant déjà déhanché, pour passer par une phase neutre et enrouler le
virage sur le filet de gaz, pour sortir en relevant progressivement la
moto à l'accélération. Nous faisons quelques tours timidement, j'ai du
mal à retrouver les sensations d'hier, et les quelques chaleurs m'ont
justement une peu remis les idées en place et donc « refroidit ». Tout
se passe pas mal, mis à part que j'ai toujours autant de mal à
exagérer le déhanchement, pour mieux intégrer le geste pour la suite.

Xavier nous arrête pour les premiers commentaires de groupes suivis de
détails plus individuels. Apparemment tout le monde passe sur une
bosse au freinage qui précède golf, que j'ai bien senti mais à la
vitesse où on roule ça ne parait pas dangereux, alors qu'en conditions
plus rapides sur le mouillé, la chute est quasi certaine car la roue
perd totalement son grip juste après... alors autant prendre l'habitude
de freiner milieu de piste, ce que nous ferons tous consciencieusement
par la suite. Il corrige quelques défauts, et nous demande, enfin
exige que l'on passe sur le vibreur en sortie de virage. Bon, c'est
plein de zébras, mais d'après lui ça passe sans soucis.

On remonte en selle, et repart en essayant l'appliquer les nouvelles
instructions. J'arrive à golf, essaie d'anticiper la position sur la
selle, enfin plutôt à coté le cul en l'air, freine, passe assez propre
même si ma tête n'est pas assez à l'intérieur près du guidon, passe
sur le vibreur en réaccelerant doucement, et me prend un énorme
travers qui me désarçonne. Je me récupère par réflexe avec le pied,
reprends mes esprits et continue la ligne droite en coupant un peu
plus, tellement le palpitant tambourine. Suite du tour correcte,
réacceleration à la parabolique en recherche de grip, et dieu sait que
ça n'accroche pas avec cette satanée pluie qui a cueilli le circuit 5
minutes plus tôt, alors qu'il était pratiquement sec. J'arrive à
nouveau à golf, même topo, je repasse sur l'extérieur et re-glisse... Là
je me dis que même si ça « ne glisse pas », je vais quand même éviter
de m'en mettre une stupide et les zébras, c'est terminé pour moi tant
que c'est mouillé !

On s'arrête à nouveaux, puisque une journaliste, venue filmer un de
nos collègues stagiaires handicapé, a besoin de plans pour illustrer
un reportage télé sur la pratique de la moto par les handicapés (au
passage, sacré coup de chapeau à lui, marc pilote un R1 avec
accélérateur au pouce, et roule aussi bien que la majorité d'entre
nous...). Quelques minutes de repos font du bien à tout le monde, et on
repart pour attaquer le dernier virage du circuit, hôtel, c'est-à-dire
la parabolique qui précède la ligne droite des stands.

Le ciel s'éclaircit de plus en plus, et la piste devient séchante.
Xavier nous montre à pied où passer, les petits points de repère
visuels qui permettent un bon placement et une réacceleration au bon
moment (c'est à dire celui qui permet d'éviter le bac à sable...). Nous
repartons avec nos points de repère tout neufs, et on enchaîne les
virages, avec à l'esprit que la piste pas tout à fait sèche comme ça,
c'est à peut près le meilleur moyen de s'en coller une bonne pour
cause d'optimisme prématuré.

La aussi, il faut passer à l'extérieur, mais cette fois sur un vibreur
sur lequel on peut prendre appui, toujours bon à prendre, mais
superflu pour la majorité d'entre nous, vu la vitesse « escargologique
» à laquelle on se traîne par rapport aux furieux que j'ai côtoyé hier
après-midi. On enchaîne les tours en appliquant cette fois (les autres
aussi d'ailleurs mais là un peu plus) toutes les trajectoires, vu que
maintenant, tous les virages ont été abordés.

Là, ça commence vraiment à devenir super sympa, la piste est quasiment
sèche, encore occupée uniquement par les stagiaires, et à part
Jonathan qui nous colle un tour tous les 4 tours pour les plus
rapides, et 2 pour les autres, c'est du plaisir total.
L'heure du repas arrive, scellant la fin officielle du stage. C'est
une fois de plus l'occasion de revenir sur les détails qui ennuient
chacun et de récupérer nos diplômes, fraîchement imprimés. Le repas,
au moins aussi savoureux que le précédent (inutile de s'étaler sur le
sujet), permet de combler l'estomac qui crie famine depuis 1h déjà,
tellement la dépense physique fait rapidement brûler l'intégralité du
petit déjeuner rapidement.

Je suis rejoint par un collègue de boulot, motard de son état
également, mais que mon message téléphonique laissé 5 minutes plus tôt
aura cueilli trop tard pour lui dire que nous avons retardé notre
repas et donc qu'il vaut mieux qu'il vienne me voir rouler vers 14h30.
Tant pis, il repart travailler bredouille (brocouille ?) et ne verra
même pas la moindre machine rouler, puisque il est trop tôt pour les
sessions de l'après-midi, mais trop tard pour voir les stagiaires en
action, et quelle action !

Les remorques arrivent en nombre plus réduit qu'hier (ce qui
s'explique sans doute par le fait qu'on soit mardi) et les machines
rentrent une à une sur la piste pour le roulage qui commence. Etre sur
le bord de la piste fait affreusement envie, mais je préfère me
reposer encore un peu et admirer les « vrais » pistards en action. Il
fait assez beau, et je préviens donc ma « moitié » qu'il ne faudra pas
m'attendre avant la même heure qu'hier, puisque je compte bien
profiter un max du roulage !

Je me prépare en faisant chauffer le hornet sur sa béquille, et prends
la direction de la piste, non sans avoir préalablement récupéré mon
sésame, sous la forme d'un bracelet orange fluo autocollant, qui m'a
d'ailleurs épilé le poignet le jour d'avant...

Direction la piste, où j'attends de laisser un paquet de furieux en
bagarre pour m'insérer. Arrivée prudente en entrée de virage pour les
2 premiers tours, la piste est maintenant parfaitement sèche, on va
pouvoir faire causer la poudre !

Une fois les grands axes appliqués, la prise de trajectoire même si
elle encore timide, devient un plaisir intense, et de l'intérieur on a
une sensation de vitesse, rapidement démentie quand on voit les gens
qui roulent à peu près à la même allure du bord de piste. Qu'importe,
je suis là avant tout pour me faire plaisir, et pour ce début de
session, je suis copieusement servi.

Au fur et à mesure des tours, les freinages se font plus tardifs, même
si encore 2 fois trop tôt, et les entrées de virages plus incisives,
même si elles sont un peu parasitées par l'obsession quasi permanente
de déhancher proprement. J'enchaîne une dizaine de tours avec une
énorme banane sous le casque, et quand mes jambes commencent à
fatiguer, je m'arrête sagement pour m'hydrater et récupérer un peu.
Chaque pause est l'occasion d'observer chez les autres pilotes les
choses à essayer d'imiter, et regarder Jonathan qui sur le sec se
transforme en vrai missile est vraiment sympa, on a l'impression
d'être à un GP.

Je repars pour une nouvelle série de tours, en étant toujours bien
sage sur les premiers hectomètres, puisque la seule tentative de
passage un peu rapide avec les pneus froids me rappellera à l'ordre
avec une bonne glisse de l'avant sur l'angle. Toujours autant de
plaisir, et la fatigue accumulée passe totalement en arrière plan,
c'est d'ailleurs là qu'il faut être d'autant plus vigilant.

Je m'arrête après m'être fait une super série, en ayant retardé mes
freinages encore un peu plus, et essayé d'accélérer encore plus en
sortie de virage. L'observation du pilot road à l'arrière, torturé et
bouloché, confirmera le mauvais traitement infligé sur cette session !

Xavier prend alors la piste pour quelques tours avec une photographe,
venue nous prendre en photo durant le stage, et accessoirement pour
essayer de filmer en caméra embarquée (à bout de bras !) l'évolution
des pilotes sur la piste.

Ils effectuent quelques tours, et quand j'observe que le rythme de
xavier est raisonnablement coulé et pas trop rapide, pour cause de
passager, je décide de repartir en piste car il n'y aura rien
d'impressionnant à voir cette fois.

J'enfile les gants, et attaque ma série de tours en essayant de rester
bien concentré. Là encore, que du plaisir et lorsque je m'arrête au
bout d'une dizaine de tours « rapides », xavier arrive juste derrière
accompagné de sa passagère, qui par chance m'a (entre autres) filmé en
pleine action. Je confierai plus tard mon email pour qu'elle puisse
m'envoyer la dite vidéo.

La fatigue se faisant plus présente, l'heure tardive, et les bouloches
plus volumineuses, je décide donc que ça suffira pour aujourd'hui et
prépare mon départ du circuit. Après un au revoir échangé avec les
quelques stagiaires restants, je reprends la route du retour avec une
certitude : je vais rapidement et régulièrement reposer les roues sur
ce circuit !

Le bilan est vraiment extrêmement positif autant sur le plan
apprentissage et purement technique. Le temps ne nous aura vraiment
pas gâtés, avec cette satanée pluie les Ÿ du stage, et des rafales de
vent très violentes le mardi après-midi. Etonnement, à posteriori, ça
n'a presque plus aucune importance, tant le plaisir de rouler est là,
quelques soient les conditions (à nuancer quand même). Je conseille
vivement à tout le monde de faire ce stage, il est parfaitement adapté
à chacun, très bien encadré pédagogiquement mais également sur le plan
de la sécurité. J'y allais avec une trouille énorme de la gamelle (cf
montage de patins de protections le week end précédent !), renforcée
d'autant par le fait de rouler avec une moto de « tous les jours ». Au
final, on ne parvient jamais complètement à faire abstraction de ces
paramètres, ce qui n'est pas plus mal en fait, mais on se régale
vraiment à attaquer, comme on ne peut le faire en sécurité que sur
piste.

A refaire, vite.
--
FlcBob
tom4
2005-10-26 10:48:48 UTC
Permalink
excellent.
Post by FlcBob
plus rapides sur le mouillé, la chute est quasi certaine car la roue
perd totalement son grip juste après
je confirme, j'ai testé pour toi

tom4
Torti
2005-10-26 11:57:50 UTC
Permalink
Merci pour le récit :)
SanMarco
2005-10-26 18:44:23 UTC
Permalink
Dans l'article <***@193.252.117.183>, pa.adouane@
[_jé_mail].com, FlcBob sussura...
/.../
Post by FlcBob
J'y allais avec une trouille énorme de la gamelle (cf
montage de patins de protections le week end précédent !), renforcée
d'autant par le fait de rouler avec une moto de « tous les jours ». Au
final, on ne parvient jamais complètement à faire abstraction de ces
paramètres, ce qui n'est pas plus mal en fait, mais on se régale
vraiment à attaquer, comme on ne peut le faire en sécurité que sur
piste.
Simple et sympa ce compte rendu, merci.
--
SanMarco.
www.cebueno.net, le seul site avec du poil autour.
Vista
2005-10-26 21:25:26 UTC
Permalink
Post by SanMarco
[_jé_mail].com, FlcBob sussura...
/.../
Post by FlcBob
J'y allais avec une trouille énorme de la gamelle (cf
montage de patins de protections le week end précédent !), renforcée
d'autant par le fait de rouler avec une moto de « tous les jours ». Au
final, on ne parvient jamais complètement à faire abstraction de ces
paramètres, ce qui n'est pas plus mal en fait, mais on se régale
vraiment à attaquer, comme on ne peut le faire en sécurité que sur
piste.
Simple et sympa ce compte rendu, merci.
--
SanMarco.
www.cebueno.net, le seul site avec du poil autour.
Pareil !
merci
vista
trooll
2005-10-26 21:05:09 UTC
Permalink
Post by FlcBob
Petit compte rendu de la première journée du stage pilotage des 24 &
25 octobre 2005 à Carole.
Beau CR, merci!

Arnaud
maya
2005-10-26 21:10:44 UTC
Permalink
Post by FlcBob
A refaire, vite.
C'est en effet tentant... :op

Sympa le CR

A+ V
Maya
VinceLP
2005-10-26 21:19:51 UTC
Permalink
Post by maya
C'est en effet tentant... :op
On s'inscrit de concert à une session Access au Mans ?
--
VinceLP
http://www.webazar.org (Roadbooks, calendrier et liens moto...)
YoYo
2005-10-26 21:22:45 UTC
Permalink
Post by VinceLP
Post by maya
C'est en effet tentant... :op
On s'inscrit de concert à une session Access au Mans ?
je fait le reportage photos ;-)
VinceLP
2005-10-26 21:36:55 UTC
Permalink
Le Wed, 26 Oct 2005 23:22:45 +0200, YoYo
Post by YoYo
je fait le reportage photos ;-)
Non, tu t'inscris aussi et on te pourrit grave.
--
VinceLP
http://www.webazar.org (Roadbooks, calendrier et liens moto...)
YoYo
2005-10-26 21:40:06 UTC
Permalink
Post by VinceLP
Le Wed, 26 Oct 2005 23:22:45 +0200, YoYo
Post by YoYo
je fait le reportage photos ;-)
Non, tu t'inscris aussi et on te pourrit grave.
pari tenu
maya
2005-10-26 21:49:07 UTC
Permalink
Post by VinceLP
Post by maya
C'est en effet tentant... :op
On s'inscrit de concert à une session Access au Mans ?
ha ben si c'est pour jouer du pipo c'est different !

Ca depend a combien tu negocies ca ;)

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Maya

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